3 jours après la fin des fêtes de Jeanne d’Arc 2008, peut-être le moment est-il venu de tirer quelques conclusions et enseignements.
Les fêtes de Jeanne d’Arc commémorent la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc. On notera que de ces fêtes ne nous ont en rien permis de comprendre pourquoi il fallait libérer la ville, quelle était la légitimité du dauphin, pourquoi une jeune loraine se préoccupait de ces affaires,… Il faut le dire : du point de vue historique et/ou scientifique, on n’a rien appris.
Les fêtes sont traditionnellement organisées dans la perspective du défilé commémoratif du 8 mai, celui où « la moitié des orléanais regarde l’autre moitié défiler ». Ce défilé est une spécificité de nos fêtes et forme sans doute le ciment social de la ville. Les festivités qui précèdent ne sont habituellement qu’une manière d’apporter des éléments chorégraphiques ou de compréhension à ce défilé qui en est le point d’orgue.
Cette année, nous avons eu des fêtes décousues en 3 parties :
- le week end du 2/4 où des entreprises privées ont organisé des spectacles pseudo-moyenageux à l’Ile Charlemagne et au Campo Santo
- la soirée du 7 mai avec l’embrasement et le concert gratuit de Martin Solveig
- la journée traditionnelle du 8 mai
On a perdu en continuité dans le récit : difficile en effet de voir un rapport entre Solveig et Jeanne. En tout cas, on ne l’a pas vu. De plus, le bouquet final était incontestablement le 7 mai alors-même que le défilé était le 8. Aussi, le 8 mai est apparu bien fade avec le matin le défilé des provinces plus navrant que jamais (on se rappelle que celui de l’an dernier était déjà raté) et un défilé commémoratif sans réel intérêt. Autant l’an dernier, on avait été un peu ambitieux dans l’imagination en faisant défiler des personnages d’Héroique fantaisie, autant cette année, il n’y a eu aucun élément de surprise ni d’émerveillement. On s’ennuyait grave en regardant passer le cortège !...
Quels enseignements en tirer :
- la municipalité a décidé de ne plus investir sur le 8 mai en flinguant peut-être définitivement le défilé des provinces et en réduisant au strict minimum le défilé commémoratif : pas de groupes musicaux étrangers, pas de villes jumelées, peu d’associations, aucun effort d’imagination. Plus ces défilés sont nuls, moins il y a de gens. Cette année, on n’avait plus besoin de barrières rue au Martroi, ce qui est le signe d’une baisse incontestable de la fréquentation. Jusqu’où ira-t-on ?
- La municipalité préfère investir sur un évènement qui fait parler plutôt que sur l’histoire ou la culture. On voit là une concrétisation de sa politique qu’elle nomme « Culturelle et évènementielle » : la culture se résume à des évènements qui donne plus à voir qu’à réfléchir. Solveig devient l’étendard de Jeanne et tout le monde trouve ça formidable.
- La municipalité a tiré un trait sur sa bonne idée de l’an dernier qui consistait à vouloir que toute la ville soit en fête (enfin, l’hypercentre de la ville). Mal expliquée, cette initiative n’avait pas très bien marché. Dommage qu’on ait préféré abandonner cette idée qui me semble intéressante.
- La municipalité continue aussi sa politique de privatisation des fêtes : les orléanais sont de moins en moins présent (on réduit les cortèges) et on passe par des professionnels du spectacle pour les occuper.
Il me semble qu’Orléans a toujours des fêtes de Jeanne d’Arc mais que ce ne sont plus vraiment les siennes. Allez dans d’autres villes et vous verrez les mêmes spectacles moyenâgeux. Allez dans des festivals de musique et vous verrez 10 fois mieux que Martin Solveig ! Dans ces conditions, fête-t-on encore réellement Jeanne ?
On dit que les fêtes amènent du monde à Orléans. C’est de moins en moins vrai : pour habiter depuis 9 ans sur les boulevards, je peux affirmer qu’on a rarement vu aussi peu de cars (pas plus qu’en période normale !). Les touristes viendraient-ils tous en train maintenant ? Le fait qu’on n’ait plus de groupes (en fait, 1 seul) et de délégations étrangères devrait aussi nous interroger sur une politique qui voit notre ville se refermer sur elle-même.
Formons quelques souhaits pour l’an prochain.
J’aimerai que les fêtes fassent participer d’avantage de troupes locales. Il y a tant d’artistes qui ne demandent qu’à participer, tant d’intermittents locaux qui ne demandent qu’à travailler.
J’aimerai que la Jeanne 2009 soit issue d’un lycée public et ne soit pas issue des scouts d’Europe. Il me semble en effet que d’autres jeunes filles très bien peuvent incarner à la fois Jeanne et la diversité sociale de la ville. Je pense que les nombreuses polémiques à ce sujet ont été entendues et que tout le monde a compris qu’une certaine alternance était salutaire.
J’aimerai qu’on apporte un peu de contenu et redis ici l’idée que j’avais déjà lancé il y a un an : pourquoi ne pas organiser des conférences ou expositions annuelles sur le moyen age. Si nous avons un patrimoine historique, pourquoi ne pas réfléchir à ce qu’il représente.
Plus d’implication des orléanais, plus de diversité, plus de fond ? Puisqu’à présent orléans paye un Adjoint juste pour s’occuper des fêtes de Jeanne d’Arc, peut-être peut-il se mettre au boulot… il lui reste 12 mois…
Au fait, je suis à la recherche du coût global des fêtes. Si quelqu'un a une idée, ça m'éviterait d'envoyer un courier à l'Adjoint nouvellement en charge de leur organisation.
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