Menacée de mariage forcé, Najlae est venue se réfugier en France à l'age de 14 ans. A 19 ans, elle est battue par son frère qui l'héberge. Alors qu'elle va demander secours et assistance à la gendarmerie., l'agent s'aperçoit que, jeune majeur, elle est sans papiers. Najlae est expulsée dans les heures qui suivent vers le Maroc où sa famille compte la marier avec un cousin.
Le cas de Najlae est emblématique de la politique actuelle : la France s'offusque des mariages forcés et de la situation des femmes battues. Mais quand un serviteur de l'état a, devant lui, l'occasion d'agir concrètement, il ne le fait pas. Pire, il se rend complice en livrant la jeune femme à ceux qui veulent la soumettre, lui enlever sa liberté.
On voit que, désormais, pour une partie des fonctionnaires (du gendarme qui vérifie l'identité de la jeune fille, au Préfet qui décide de l'expulsion), la politique du chiffre a pris le pas sur le sens du devoir.
Le devoir, ce n'est pas d'appliquer des consignes. C'est de le faire avec discernement.
Samedi 27 février, une manifestation de soutien était organisée par les associations d'aide aux migrants et par ses copains de lycée.
Nous étions nombreux à la manifestation (sans doute 500 personnes). Ne souhaitant pas rencontrer les associations à l'issu de la manifestation, le Préfet l'a fait ce mardi 2 mars 2010. Occultant le fond de l'affaire, le préfet a préféré dénoncer des exploitations politiques pré-électorales. On le voit, le temps ne lui a, semble-t-il, pas porté conseil...
Il faudra d'autres manifestations pour que les serviteurs de l'Etat reviennent à la raison. Restons mobilisés pour Najlae et pour les autres jeunes adultes qui, avec ou sans papiers, doivent pouvoir obtenir secours et assistance quand ils en ont besoin. Le cas de Najlae a désormais une audience qui dépasse très largement les frontières de notre département. Seule une très large mobilisation peut la faire revenir.
Courage à elle. Courage à ses soutiens.


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