Culture

19 avril 2009

Entre deux rives - Carnets de guerre d'Emmanuel Dupont

Entre deux rives Une semaine après l’opération, au moment où je me reposais dans ma chambre, la sonnerie du téléphone retentit dans l’atmosphère silencieuse des pièces de la maison.
Encore maintenant, je me souviens de la sonnerie stridente qui interrompait la quiétude d’un après-midi de convalescence. Il était assez inhabituel qu’un appel surgisse en plein milieu  d’après-midi. Ma mère répondit. Quelques secondes après, elle m’appela avec une voix sanglotante. Elle était terrorisée et affolée.
— C’est le Docteur R., il veut nous voir tout de suite!!
— Mais qu’est-ce qu’il t’a dit?!
— Il a reçu les résultats de la biopsie! C’est très grave! Il nous attend à la clinique!
— Mais je me sens parfaitement en forme, j’ai rien de grave…
— Mais ça veut rien dire, dépêche-toi, il faut partir ! !
En voiture, nous prîmes la direction de la clinique dans une course effrénée. Les vingt minutes de trajet furent interminables. J’essayais de rassurer ma mère. D’emblée, on cherche toujours à amoindrir la cruauté du sort qui s’abat sur soi.
À mesure que nous approchions de la clinique, je commençais à réaliser quelque chose, à percevoir un paradoxe. Tout paraissait irréel, parce qu’il semblait impossible que ma vie puisse être en danger. Pas de cette manière du moins : je n’avais pas de sang qui coulait d’une blessure, pas de fatigue, pas de fièvre, pas de signe précurseur de maladie… Bref, il s’agissait d’un mauvais rêve ! Et pourtant, tout semblait si réel : le chirurgien voulait nous annoncer quelque chose de grave, j’étais en sueur, et mon coeur palpitait. Petit à petit, je prenais conscience de ce paradoxe. Deux champs de force antagonistes me tiraillaient l’esprit. Je pensais :
— Quelque chose va changer dans ta vie, c’est indéniable ; quelque chose de terrible et d’irréversible. Pourquoi crois-tu que ce sort soit réservé aux autres ?
— Non, ce n’est pas possible, je suis jeune et en bonne santé. Si j’avais quelque chose, je le sentirais,
et puis j’aurais déjà eu des prémices. objectais-je.


...

Confronté à un cancer rare et agressif de la main (sarcome synovial), Emmanuel Dupont raconte son calvaire : sentiments, pensées, thérapies lourdes, actes chirurgicaux allant jusqu’à l’amputation.

Il en vient à évoquer l’Hydre de Lerne, à laquelle il se compare : « chaque fois qu’un traitement médical tranchait une tête du serpent, elle repoussait doublement à un autre endroit, et les têtes devenaient de plus en plus dures à sectionner ».

Malheureusement, cette cruelle maladie ne lui a pas laissé le temps d’achever son témoignage.
Durant les derniers mois de sa courte existence, il a continué de subir maintes épreuves.
Néanmoins, il se sera battu jusqu’au bout avec un courage et une dignité exemplaires.

Il s’est éteint le 1er novembre 2008 à Jargeau, au domicile de ses parents, sous assistance médicale. Il avait 34 ans.

...
Le livre est édité par les d'Orval-Editions à Jargeau  - www.dorval-editions.com - 02 38 86 15 38.

Il sera en vente à partir du 1 mai 2009 dans toutes les librairies. On peut déjà le commander sur amazon à cette adresse

12 novembre 2008

Femmes à la béquille

A l'avant plan, on voit d'abord une petite fille noire vétue d'une belle robe blanche. Une robe du dimanche. Et puis juste au dessus, une femme, magnifique. Elle se tient bien droite, fière, souriante, radieuse. Elle a soigneusement attaché ses cheveux et porte ses plus beaux vêtements. C'est un grand moment, elle pose pour une photo !

Non loin de là, une autre femme, à-même le sol, lui jette un regard féroce. Son visage est anguleux, comme fixé dans une intense souffrance. Tout près d'elle une petite fille regarde d'en bas la femme au chignon avec des yeux réprobateurs. Mère et fille sont craceuses, comme faisant corps avec la terre qui les entoure.

Sous la photo, il y a une légende qui nous dit que ces femmes ont été victimes de mines antipersonnel.

On remarque alors au loin les tentes d'un camp de réfugiés. La femme debout a 2 belles béquilles de pharmacie. L'autre n'a guère qu'un baton tordu.

Deux manières d'aborder la souffrance et la vie.

Cette photo est l'une des 50 photos de Sebastiao Salgado de l'exposition remarquable qui se tient jusqu'au 24 novembre au château des longues allées à St Jean de Braye ( en semaine 9h30-12h 13h30-17h sauf le vendredi 16h - le dimanche de 14h à 18h ). Chaque photo de Salgado est une histoire, une parabole sur la Vie et sur le Monde. Expo à ne pas manquer !

10 novembre 2008

Exposition Salgado

Exposition Sébastiao Salgado
sur le thème des migrations
du 07/11/2008 au 24/11/2008
Château des Longues Allées
à St Jean de Braye (45)
(entrée libre)

Contact : ffradin@ville-saintjeandebraye.fr - une manifestation dans le cadre de la semaine de la solidarité nationale

Salgado_exodes_femmes Sébastiao Salgado est considéré comme l'un des plus grand photographes du siècle. Il va aux 4 coins du monde photographier les migrants, les miséreux,... Dans son livre Exodes, il écrit « Plus que jamais, je sens que la race humaine est une. Au-delà des différences de couleur, de langue, de culture et de possibilités, les sentiments et les réactions de chacun sont identiques. Les gens fuient les guerres pour échapper à la mort ; ils émigrent pour améliorer leur sort ; ils se forgent de nouvelles existences dans des pays étrangers : ils s'adaptent aux pires situations… »

17 avril 2008

Aime Cesaire est parti

"Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas

l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot

mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot ?"

Aimé Césaire
Cahier d'un retour au pays natal

23 décembre 2007

L'intranquillite de Christian Bourgois

Christian Bourgois était un type brillant mais pas dans le moule : fils de famille, il passe par le Lycée Louis Legrand et rejoint Institut d'Etudes Politiques d'où il sort deuxième, juste devant Jacques Chirac. Il intègre l'ENA en bonne place mais décide de la quitter en deuxième année (une première) : "J'étais convaincu, a-t-il expliqué par la suite, que je n'avais rien à attendre de cette école infréquentable". Il dirigera les Editions Julliard mais surtout l'extraordinaire collection de poche 10/18 de 1968 à 1992, un bail !

Mais Christian Bourgois, c'est surtout la maison d'édition du même nom. Celle qui osera publier les versets sataniques de Salman Rushdie en 1989. Celle qui nous fera connaitre Tolkien (vous savez, le seigneurs des anneaux...) et d'autres auteurs  étrangers tels que Gabriel Garcia Marquez, Alexandre Soljenitsyne, William S. Burroughs, Jim Harrison, Ernst Jünger et Antonio Lobo Antunes.

Les Editions Christian Bourgois, c'est pour moi la découverte de l'auteur italien Antonio Tabucchi, un amoureux du Portugal, dont j'ai presque lu tout les livres (le plus connu étant "Nocturne Indien" porté au cinéma par Alain Corneau). C'est pour finir l'immense poete portugais Fernando Pessoa dont Christian Bourgois publiera les oeuvres traduites en français et en double édition portugais/français.

L'oeuvre la plus connue de Pesoa est "le livre de l'intranquilité". Un titre qui va bien à l'oeuvre éditoriale de Christian Bourgois.

Christian Bourgois nous a quitté le 20 décembre 2007. Puisse-t-il faire connaitre quelques auteurs aux anges du paradis :)

27 novembre 2007

La Hulotte

Lahulotte90 ça n'a l'air de rien, mais on en appprend des choses dans la Hulotte !

J'ai vu à vos réactions à la devinette publiée il y a 2 jours que j'avais à-faire à la fois à de vrais fan de la Hulotte et à la fois à des néophytes. Alors pour ces derniers, qu'est-ce que la Hulotte ?

"Le journal le plus lu dans les terriers" ne se vend que par abonnement et ne compte que sur le bouche à oreille pour sa communication. Du fin fond d'un patelin nommé "boult-aux-bois" (Tryphon nous en parlait ! Un vrai spécialiste !), un homme, depuis 30 ans, est son auteur unique.

Très documenté et extrèmement bien illustré, la Hulotte est un fassicule à destination des vrais amoureux de la nature, enfants, adultes ou enfants devenus adultes depuis 30 ans :) Un journal que l'on lit souvent en deux fois, la première pour voir les blagues et la seconde pour le contenu.

Comme nous le fait savoir la maman de "net en feu", on peut désormais s'abonner à la Hulotte par internet à l'adresse http://www.lahulotte.fr. On peut aussi y acheter quelques articles qui font d'excellents cadeaux de noel...

En espérant que cette devinette vous aura a la fois amusé et donné envie de (re)découvrir La Hulotte :)

27 octobre 2007

Harry Potter serait-il de gauche ?

Jeudi soir, à minuit, petit happening sur orléans à l'occasion de la sortie de Harry Potter. Une centaine de personnes de tous ages chez Loddé, 150 jeunes à la FNAC. Certains étaient habillés en sorciers et on avait sorti les gadgets dans le genre "halloween". Au détour de ma promenade nocturne, j'ai croisé Calamity Jane. Mais dis-nous, Calamity, qu'est-ce qui pousse ces jeunes à venir acheter un bouquin à minuit ?

Libération essayant de se donner des airs sérieux se pose la question : Harry Potter serait-il de gauche ? En tout cas, de la soirée, je n'ai vu aucun blogueur de droite. Moi qui croyait que Sarkozy était un magicien...

15 octobre 2007

Cosmopolis

Le Portugal, à l'avant-garde cuturelle de l'Europe, ça vous fait rire hein ? Et pourtant, le Portugal ne cesse d'organiser des festivals visant à encourager musique, danse et théatre contemporains. Zigmoon vient de m'envoyer des infos sur le prochain festival international Cosmopolis qui a lieu le 16 et 17 novembre cette semaine à Lisbonne, l'occasion de découvrir des artistes... que vous ne verrez pas tout de suite sur TF1...

Lire la suite "Cosmopolis " »

14 septembre 2007

Supernana est morte aujourd'hui

"Jusqu'à l'âge de 30 ans, Supernana était employée du Crédit Lyonnais, mais son métier ne la passionnait guère.

En écoutant Carbone 14, elle décide de rejoindre l'équipe de cette radio libertaire et « trash ». Elle arrive alors sur Carbone 14, où elle anime une émission délirante, Poubelle Night. Elle se prénomme "supernana" comme elle était la seule femme de l'équipe."

Supernana, de son vrai nom Catherine Peltier, décédée le  14 septembre 2007 des suites d'une longue maladie"

Source wikipédia

Après Jacques Martin, Supernana. Mauvaise journée pour les impertinents.

06 septembre 2007

sortir à orleans : 13 septembre 2007

Le café "Autour de la Terre" organise une conférence d'histoire sur Hergé jeudi 13 septembre 2007 à Orléans - Plan google Maps. Des questions ? rendez-vous sur le blog d'autour de la terre !

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Orleanosphères

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