La pauvreté culturelle en question
La pauvreté est-elle aussi culturelle ?
La pauvreté s’évalue de façon relative et négative. On est privé de quelque chose que les autres possèdent. L’extrême pauvreté serait la privation totale, la vie réduite à la simple survie. La pauvreté culturelle n’est pas la misère culturelle. Peu de gens sont absolument étrangers à toute pratique culturelle : on écoute de la musique, on regarde la télévision, on assiste à des fêtes ou des festivals. Il est pourtant légitime, à l’époque des industries culturelles et de la culture de masse, de parler de pauvreté culturelle. Celle-ci ne résulte pas seulement d’obstacles financiers. On peut avoir une situation sociale satisfaisante et connaître une pauvreté culturelle (cf. le chef d’entreprise du Goût des autres qui découvre la peinture moderne). On peut aussi parler d’appauvrissement culturel quand la culture dérive vers le divertissement, l’événementiel, le « spectacle » (au sens de Debord). Comparons les programmes des télévisions européennes. Il y a une certaine homogénéité dans la recherche du frivole et du vulgaire.• Que recherche-t-on dans la culture ?
Un approfondissement de l’expérience, un plaisir, une construction de soi, une émancipation, une ouverture aux autres ? La pauvreté culturelle serait alors l’impossibilité d’atteindre ces divers buts et même le fait de ne pas le désirer.• Comment passer de la culture de masse à la culture savante ?
Quel rôle l’école peut-elle jouer dans la découverte des arts, dans la formation du goût (tout ne se vaut pas) au moment où on limite visites scolaires, voyages, rencontres avec des artistes ? N’y aurait-il pas pauvreté culturelle aussi dans la formation de nos élites ? N’est-il pas de bon ton de stigmatiser les « intellos fumeux »?• Quelle évaluation des politiques culturelles locales ?
Quel bilan des institutions culturelles dans l’émergence de nouveaux publics ? Que penser de la gratuité (musées parisiens, londoniens et nationaux pour les moins de vingt-cinq ans.) ? Quel impact d’Internet sur l’accès aux oeuvres musicales, plastiques, littéraires ? Quel rôle peuvent jouer encore les associations d’éducation populaire ?• La démocratisation de la culture n’est sans doute pas un échec mais l’exclusion de certains est aussi une réalité. Quel est donc le vrai bilan de « l’Etat culturel » ?
Texte introductif proposé au conférencier par Monsieur Prouet, professeur de philosophie orléanais, à la demande de la Ligue de l’Enseignement.
Vendredi 27 novembre, à 20h30
Médiathèque d’Orléans, auditorium Marcel Reggui.
« La pauvreté est-elle aussi culturelle ? »
Conférence-débat proposée par la Ligue de l'enseignement du Loiret, Fédération des OEuvres Laïques.
Avec Jean-Claude POMPOUGNAC Ancien Directeur Régional des Affaires Culturelles de la région Centre Directeur de l’action culturelle de la ville de Bondy.




