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Qu’est-ce qu’on fait de la crise ?

Posté par le 15 sept 2009.
inséré dans Religion, Société, Travail.

Il y a juste un an, le court-termisme et les appétits financiers ont plongé le monde dans une crise économique majeure.

Au premier semestre 2009, nous avons vu des dirigeants d’entreprises parfois en bonne santé se défaire de leurs salariés brutalement. Nous avons vu des salariés séquestrer leurs cadres. Afin d’obtenir la faveur des médias, certains employés ont été jusqu’à menacer de faire exploser leur usine avec des bobonnes bouteilles de gaz. Pourtant, il ne s’agissait pas d’obtenir le maintien des emplois ou de l’activité, mais simplement d’avantage de primes de licenciement pour soi-même.

On est là bien loin du « vivre ensemble », du « respect de l’autre », du « construire un monde pour demain ».

En juillet 2009, le pape benoit XVI a publié un texte de 150 pages au sujet de l’économie et de la société. 150 pages pour expliquer ce que les catholiques d’aujourd’hui ont à dire de l’économie, de ce qu’elle est, de ce qu’il faut encourager, de ce qu’elle pourrait être.

Ce texte n’a pas encore eu beaucoup d’écho. Qui lit 150 pages, aujourd’hui ? Qui pense que l’Eglise Catholique peut parler d’autre-chose que de préservatifs et de contraception ?

Cela fait pourtant longtemps qu’on attendait ce texte ! Depuis 1967, en fait, date à laquelle est paru le dernier texte majeur sur la question !

Alors il est là, ce texte, adressé à Tous, croyants ou pas.

Le microcosme des catholiques convaincus en la nécessité d’une morale économique le lit en ce moment. Il le commente, en débat.

Localement, le Mouvement Chrétien des Cadres fera sa rentrée le dimanche 20 septembre, à la paroisse St Vincent, autour de ce texte, justement. Le 18 octobre, dans le cadre d’Ecclesia45, prêtres et laïcs discuteront du texte, de ce qu’il y a dedans, et de ce qu’on peut en faire. Le 6 novembre, un autre débat aura lieu au CERC (dans le séminaire, place St Aignan) le thème plus spécifique « Les chrétiens et la crise ». 

Le texte de Benoit XVI est une mise à jour de la doctrine sociale de l'Eglise et sa portée est bien supérieure à cette crise-ci. Il n'en pose pas moins la question de savoir ce qu'on va faire de cette crise : va-t-on la subir pour revenir au point de départ de nos égoïsmes particuliers ou sera-t-elle l’occasion d’avancer vers une économie plus morale, plus respectueuse de la nature humaine, plus solidaire ?

Le texte en question s’appelle "L'amour dans la vérité". Il est en vente sur amazon (je l’ai acheté 4,50 € sans frais de port). Il est aussi en téléchargement gratuit (je conseille de zapper l'intro et lire à la suite)

Et :

  1. Crise économique, communication, désinformation
  2. La crise économique, une opportunité pour l’ économie sociale et solidaire ?
  3. Comprendre la crise

 

6 Commentaires pour “Qu’est-ce qu’on fait de la crise ?”

  1. « Qui lit 150 pages, aujourd’hui ? »
    Plus de monde que tu ne le crois, Miguel :)
    (par contre, je ne pense pas que ce texte touchera et incitera les athées comme moi à la lecture. L’institution religieuse est telle que non, je ne lirai pas un texte du Pape.)

  2. 150 pages!!!!
    Ceci dit, avec les dernière décisions religio-sociale du Pape, celles qui font parler, on met immédiatement en doute le moindre de ses propos. Ceci dit, il y a peut-être, dans ce texte, l’idée géniale qui nous fera redéfinir la sphère économique… ou pas?

  3. LN de Fleury

    Pour ceux que cela intéresse :
    Table ronde sur l’encyclique du Pape : Caritas et veritate, vendredi 2 octobre à 20h30 à ST Dominique de St Jean de la Ruelle
    Avec le Père Hervé O’Mahony, Jean-Marie Richard et Jean-François Mezières du MCC
    Cela promet d’être passionnant.

  4. Olive, tu parles d’institution religieuse. L’encyclique est effectivement un texte écrit par le Pape. Il n’en reprend pas moins les préoccupations de l’Eglise dans son ensemble. Eglise qui n’est pas seulement institution mais aussi ensemble des croyants. C’est aussi (je pense) le résultat des réflexions de la commuauté des croyants qui y réfléchit depuis la dernière encyclique.
    Au fond, quand on reprend ce texte, on retrouve
    - des choses dites avant lui : la nécessaire solidarité avec les pays du Sud, l’impérieux besoin de respecter et promouvoir le syndicalisme (je ne m’attendais pas à trouver ce dernier point)…
    - des mises à jour : comment la mondialisation doit permettre aux pays où l’on délocalise de se développer vraiment et doit éviter d’être une nouvelle colonisation irrespectueuse des cultures en place. Comment l’écologie doit protéger la nature… sans être une sorte de dictat qui oublie les gens…
    - des choses nouvelles (enfin je crois) : développer des fonds vraiment éthiques et pas seulement en apparence, développer la morale financière, développer le commerce équitable, développer les emplois solidaires…
    - des choses étonnantes : développer un secteur d’activité autour de la gratuité (!!!)…
    L’encyclique s’adresse à tous mais elle dit que, croyant ou pas, tous ont besoin d’une transcendance. Je crois beaucoup à cette idée : si ta vie n’a pas de sens, à quoi bon vivre ?
    Tout ça, des chrétiens engagés en parlent en permanence : comment protéger la nature pour les générations futures mais ne pas empêcher les gens qui ont faim de manger aussi ? Comment faire pour que son argent ne serve pas à enrichir d’avantage des entreprises qui cherchent le profit pour le profit en exploitant les salariés partout dans le monde pour augmenter leurs marges ? Comment mettre en adéquation ce que l’on fait tous les jours avec nos aspirations profondes.
    Homer, au fond, ce texte ne donne pas de recettes miracle. Pensez-vous, chaque thème ne fait parfois l’objet que d’une trentaine de lignes ! Mais, au travers de ce tableau, chaque thème est l’occasion de se poser des questions, peut-être d’approfondir avec d’autres et de voir comment faire, concrêtement, pour construire ce que certains appellent une utopie, d’autres une espérance : celle d’un monde plus juste, plus solidaire, plus fraternel.
    Evidement, je dis ça avec ma sensibilité et je crois qu’un catho UMP bon teint retiendra autre-chose. Mais au fond c’est très bien car ce texte permet, au-delà des divergeances sur les modalités d’application, d’échanger et de réfléchir soi-même. C’est ce qu’on fait au MCC – Mouvement Chrétien des Cadres – tous les mois, par petites équipes de 10 personnes.
    Ah ! On est loin, très loin des propos du Pape qui font habituellement la Une des médias ! Et c’est vrai qu’on ne s’attend pas à ce que le Pape parle de ces choses-là.
    C’est dommage car, autant je me fous de ce que le pape dit sur la sexualité, autant j’attache de l’importance à ce qu’il dit de l’impérieuse nécessité que chacun oeuvre à la construction d’un monde meilleur.
    Voilà pourquoi, même si certains passages sont un peu intellos (il est allemand, disent certains), je conseille de lire ce texte. Ne serait-ce que pour ce rendre compte que l’Eglise catholique dit des choses intéressantes sur ces questions-la.

  5. bobonnedegaz

    Je suppose qu’il s’agit de « bonbonnes » et non de « femmes à la maison », comme écrit par mégarde dans le texte.
    Intéressant texte, par ailleurs, qui fait réfléchir même au-delà d’Orléans.
    Si incompatibilité d’humeur avec le Pape et certains évêques, une conférence sur le sujet de la crise et le partage de JB de Foucauld à la Maison des Associations d’Orléans le samedi 10 Octobre à 15 heures.
    Pour plus de renseignements, cap au Sud : venez sur le Blog du Gamo d’Olivet (« Gamo Olivet » sur votre moteur de recherche et vous trouvez en première place !!!)

  6. Je retiendrai une phrase : « Le développement humain intégral suppose la liberté responsable de la personne et des peuples: aucune structure ne peut garantir ce développement en dehors et au-dessus de la responsabilité humaine. »
    C’est la définition même de l’Humanisme.
    Or, cet Humanisme là n’a aucunement besoin d’un dieu, et encore moins d’une église, puisque la caractéristique de « l’Humanisme » c’est de mettre l’Homme (en sa totalité, donc y compris sa conscience) au-dessus de tout, sans le faire dépendre d’une quelconque volonté divine, mais en pleine « responsabilité » dans son rapport au monde, donc aux autres et à la nature…
    Tout le reste relève du laïus religieux habituel. C’est un texte qui rappelle incontestablement certaines vérités, mais qui pourraient être dites par n’importe qui, aussi bien par moi. Enfin, ce que j’en ai lu avant de saturer…
    Je note pourtant qu’il met beaucoup en valeur Paul VI (50 occurrences), mais pas beaucoup Jean-Paul II (seulement 9 occurrences) qui selon moi aurait mérité bien davantage.

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