La police municipale s’adonne au tri selectif
Il semblerait que les orléanais préfèrent les poubelles aux SDF,… et la police municipale aussi.
Las de la voiture et de l'hyper-consommation, de plus en plus d'orléanais du centre-ville font leurs achats dans les superettes et en particulier au Petit Casino de la Rue Jeanne d'Arc.
Ainsi, 8 ans après Amélie Poulain, les orléanais découvrent enfin la joie d'aller acheter quelques fruits frais dans les petits magasins.
Au coin de la rue piétonne, là où la jeune femme range ses pièces dans son porte-monnaie, un SDF tend poliment la main. Cette rue s'appelle la Rue de la Vielle Monnaie, quoi de plus normal que d'y faire l'aumône ? Le quartier s'est habitué à lui. Parfois on le remarque, quelques-fois pas, mais il est presque toujours là.
L'autre soir, justement, je passais faire quelques achats. Il avait amené un matelas et préparait tranquillement sa nuit. Une voiture municipale était arrêtée en travers du trotoir. 2 agents lui disaient de dégager le terrain. "Je ne dérange personne ! Qu'est-ce que je fais de mal ? Qui je gêne ?". "On ne veut plus vous voir ici".
Alors, moi, je passe comme ça et je me dis "c'est vrai qu'il ne dérange personne, en plus il a l'air super calme". Je mets la main à ma poche et je saisis ma caméra pour filmer la scène en pensant par avance au titre de mon futur article "Les SDF pas assez esthétiques pour les pavés d'Orléans". Et puis je repense aux affaires arrivées à un copain qui avait pris des photos lors d'une interpellation sur la Place du Temple. "C'est chiant, j'ai pas envie de me retrouver 3 heures au poste", me suis-je dit. J'ai passé mon chemin, préférant le confort bourgeois à la vigilance républicaine. Quelques minutes plus tard, je me suis vraiment senti secoué, mal.
Un mois plus tard, je fais part mes remords à un monsieur qui me raconte comment un jour qu'il passait près du Mc Donald's de la RN20, il vit un monsieur mal habillé se faire bousculer par 2 jeunes gaillards chargés de la sécurité du Mc Do. Son tord ? S'être assis à une table posée sur la parking. Du haut de ses 60 ans et malgré son fort accent étranger, il est aller dire sa façon de penser aux jeunes : "Parce qu'il est mal habillé, vous le faites sortir de là. Pourquoi ? Parce qu'il est SDF ? Avez-vous seulement pensé à lui donner un sandwitch ? il a peut-être faim ! Vous êtes dans un emploi précaire. Savez-vous que demain, vous pouvez vous retrouver dans sa situation ? Espérez que les inconnus d'alors ne se comportent pas avec vous comme vous vous êtes comportés avec cet homme. Vous vous rendez-compte, me dit-il, ils lui ont même fait traverser la nationale 20 ! En plus, il était sur le parking. le parking n'appartient même pas à Mc Do !"
Ne parlons plus de fraternité. On est au delà de la non-assistance à personne en danger. On est en train de rentrer dans l'oppression de populations qu'on n'a pas envie de voir.
Ce soir, je suis passé au Petit Casino. Il y avait le SDF. Il n'y avait pas de matelas. A la place, il y avait de grandes poubelles qui débordaient. Apparemment, les SDF, c'est pas beau sur les pavés. Les poubelles, elles, ne gênent pas.
Pendant ce temps, la commune de Saran songe à installer les gens du voyage sur un nouveau terrain… près de la déchetterie… Qui cela gêne-t-il ? On ne sait pas où les mettre !





Enfin miguel tu ouvres les yeux!Cela fait quelques mois que j’ai alerté sur la « maltraitance » des sans-abris à Orléans parce que un SDF ,il a un domicile mais pas fixe.J’ai aussi donné les infos à Mourad mais rien n’a transpiré et je suis triste parce que de quelque horizon qu’il soit le blog doit aussi et surtout dénoncer…. et pendant ce temps-là,notre adjoint à la tranquillité réactive ses arrêtés dans la plus grande….tranquillité.
Faut qe je cause à madame,Miguel.
Yves Bodard