De l’importance du détail
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Mots-clefs :détail, Fillon, immigration, rachida dati, sarkozy, tests adn
Il y aurait tant de choses à dire, tant d’horreur à raconter, tant d’incompréhension à exprimer qu’on ne sait par quoi commencer… Non non, je ne veux pas parler d’une guerre lointaine ou d’un pays aux mains d’extrémistes islamiques ! Je veux parler de la France. Alors que dire ?
Faut-il rappeler la chasse aux enfants que l’on va chercher à la sortie des écoles ? Le chantage aux parents « votre enfant peut rester en France, mais vous, vous êtes sans papiers, vous devez partir, avec ou sans lui » ?
Faut-il redire l’horreur de ces corps qui se sont écrasés sur le bitume ? Sans un cri. Juste ce bruit sourd. Un corps qui tombe et un esprit qui s’éteint parce qu’ils essayaient d’échapper aux forces de police venues les chercher.
Faut-il parler de ces ministres qui aident le gouvernement à livrer leurs frères pour mieux servir leur égo et pavoiser dans les palais nationaux ?
Faut-il parler de ce « détail » de Mr Fillon qui nous rappelle bien un autre « détail », celui des chambres à gaz où l’on tuait des Hommes parce qu’on ne savait plus quoi en faire ?
Il y a quelques temps, j’ai visionné le DVD : « Gens du Salto ». Ce film est l’œuvre d’un portugais de la seconde génération. Il y raconte l’immigration de ses parents, dans les années 1970. Dans ce documentaire hors paire, il interview des portugais qui racontent pourquoi et comment ils ont émigré. La misère, la situation politique sous la dictature de Salazar, le voyage, horrible, pieds nus dans des camions à bestiaux, les morts parfois, la traversée des Pyrénées dans eau et dans le froid, les passeurs perçus non pas comme des brigands mais comme des sauveurs, les bidonvilles de la région parisienne, les immeubles construits à peu de frais grâce à une main d’œuvre bon marché et servile. Ce film est le plus beau cadeau qu’un fils cinéaste pouvait faire à ses parents. C’est aussi un pont jeté entre les générations d’immigrants : vers la fin, l’une des personnes interviewées parle des africains qui meurent sur les barques en essayent de rejoindre l’Europe. « C’est pareil, c’est l’histoire de l’immigration ».
J’ai connu des portugais sans papiers qui travaillaient au noir et qui ne sortaient pas de chez eux, de peur de se faire prendre et renvoyer dans leur pays. J’ai connu les cousins qui hébergeaient les cousins et les beaux-frères. J’ai connu les jeunes de 14 ans qui révaient de venir travailler en France !
Et puis un jour, les portugais sans papiers ont arrêté d’avoir peur. Du jour au lendemain, ce qui était interdit, ce qui vous menait en prison, ce qui vous réveillait la nuit, est devenu normal : le Portugal était entré dans la CEE. Allez trouver une logique dans tout ça…
On a alors oublié la peur, la misère sur les chantiers, les morts.
Alors oui, sans doute les tests ADN ne sont qu’un « détail ». Le détail qui montre la monstruosité et l’absurdité d’une politique, celle d’une petite partie de la France qui après 1940 se retrouve aujourd’hui au pouvoir.
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Pourquoi aller dans les extremes pour montrer son désaccord ?
Comparer un test ADN pour prouver une filiation et le génocide,…
Oui, Fo0, moi je parle du temps où l’on pouchassait les juifs, d’autres (dont beaucoup de droite) parlent d’heures sombres de l’histoire.
Chacun son vocabulaire pour qualifier ce qui est la démonstration d’un jusqu’auboutisme autant inutile qu’inhumain.
Pour ma part, je trouve la comparaison entre le test ADN de cette loi et le génocide « très légèrement » exagérée…
Cependant, il faut bien reconnaître que quand Fillon en remet une couche avec le mot « détail », ça fait beaucoup…
A croire qu’il veut vraiment qu’on assimile ce projet de loi à… des heures sombres de l’histoire