Loic Lemeur explique pourquoi il part aux USA
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Après avoir dirigé SixAprt Europe (éditeur des systèmes de blogs Typepad et de Movable Type), Loic LeMeur, (encore) jeune entrepreneur du web 2.0 décide de s’expatrier dans la Silicon Valley.
C’est d’autant plus étonnant qu’il avait été conseillé de Sarkozy pour les nouvelles technologies et qu’il nous avait promis pendant la campagne que s’il était élu, Sarkozy allait mettre le web et la création d’entreprises innovantes au coeur de sa politique. On ne peut donc que s’étonner de ce départ. Sarkozy ne serait-il pas en fait le messie tant attendu ? Pourquoi part-il ? Quelle vision a-t-il de l’entreprenariat en France et aux USA ? Loic nous en parle dans son dernier podcast (en anglais, il faudra s’y faire). J’ai relevé les éléments suivants :
Contrairement à ce qui est communément annoncé par la droite française, les taxes ne semblent pas être un élément déterminant. Il ne parle pas non plus des impôts sur le revenu. Ce qui cloche en France, et je suis souvent d’accord avec lui, c’est :
- la barrière des langues qui rend le marché plus étroit
- le manque d’esprit d’entreprenariat
- l’attitude des banques qui n’ose pas prendre de risques
- le développement insuffisant des business angels lié à une fiscalité inadaptée
- le manque de flexibilité du monde du travail (sans expliquer vraiment ce qu’il entend par là)
- une fiscalité inadaptée aux entreprises qui viennent juste de se créer
En fait, il argumente peu. Ce qu’on comprend, c’est qu’en France, c’est possible mais qu’aux USA et en particulier dans la Silicon Valley, c’est plus facile et plus rapide. On a l’impression que le rêve américain est plus fort que tout. Cela me conforte dans l’idée que les jeunes et les entrepreneurs quittent la France comme les immigrés viennent en Europe. C’est l’El Dorado, le pays où l’herbe est plus verte.
Je ne crois pas une seconde au discourt de l’UMP qui assimile l’hypothétique fuite des cerveaux au cas particulier du Professeur Montagné que l’on a obligé à partir en retraite le moment venu. Les gens partent parce qu’ils ont envie de voir autre chose, de se donner de nouvelle limites, c’est tout. D’ailleurs, si les Etats Unis était un pays moins puritain et où l’on ne risque pas de se faire tuer à tout les coins de rue, moi aussi je partirais à la Silicon Valley.
Pendant l’antiquité on rêvait déjà de Rome. Sarkozy peut raconter ce qu’il veut sur l’entreprenariat d’une part et sur l’immigration d’autre part. Les africains rêvent de l’Europe et les Francais rêvent des USA. Il n’y peut rien et je ne vois pas comment il pourrait y faire quelque chose.





Merci pour la note. « le manque de flexibilité du monde du travail (sans expliquer vraiment ce qu’il entend par là) » C’est simple: il faut bruler le code du travail et partir à zero. Les impôts ? Si, il faudrait aussi que le gouvernement ait les couilles de supprimer l’ISF, visiblement, ce n’est pas le cas, mais bon…
Nous n’avons visiblement pas les mêmes opinions politiques mais je te souhaite bonne chance à toi et ta famille dans cette aventure.
La Californie du nord est magnifique. Dommage que la société américaine soit si violente.
J’espère, sans trop d’espoir quand-même que tu reviendras car le web français a besoin de gens comme toi, ISF ou pas.
Supprimer l’ISF serait LA réforme permettant de relancer l’économie ? Je n’y crois pas …
Je viens de te repondre sur mon blog, mais je post mon commentaire sur ton blog car je pense qu il y a quelques pistes à debattre au sujet des entreprises : » Je vois avec plaisir que tu as été très inspiré cette apres midi, pour nous faire un très long et bon article sur Loic Lemeur ! Concernant les banques qui sont frileuses : oui c’est impressionnant cet état de fait ! Pour ma petite histoire perso : Lors de la création d’Oxyneo, j’ai mis un capital de 2000E …et j’ai demandé un crédit de …2000E pour pouvoir me lancer ( les 2KE m’auraient servi notamment à m’équiper correctement en informatique et mobilité data). Résultat : le directeur m’a clairement dit » Je ne crois pas en votre projet » » ce n’est pas fiable » « la régie marketing ? connais pas » (alors que c’est un ancien directeur marketing regional d une grde banque !!! ) Et je ne lui ai pas parlé de blog design, blog edito ! Il m’aurait raccroché au nez !… Donc je me suis debrouillé comme beaucoup de créateurs par mes propres moyens (amis, familles, réseau relationnel, …). Résultat 2 ans plus tard : Oxyneo est certe encore une petite structure, mais qui a créé 5 emplois à temps plein… et nous avons acheté nos locaux à st pryvé de 450m2 sur 3 étages… Ca n’a pas été facile et encore moins avec ce genre de réaction qui consiste à dire : je ne connais pas donc je ne cherche pas à comprendre, mais je dis non, tout de suite !
) et enfin une autre dans le secteur automobile avec un concept tres sympa.
Concernant les Business Angels, je pense que ça va bouger un peu, d’ailleurs j’ai participer au ptit dej à l’UDEL avec la présentation de 2 structures Business Angels pour la région Centre (regarde : http://www.fabienpretre.com/2007/05/centre_capital_.html#more ). Par contre il faut qu’il y ait une meilleure communication entre les porteurs de projet, et les business angels… Ce n’est pas évident. Perso j’aimerai avoir plus d’info sur ce sujet…
A mon niveau, cette année, j’ai aidé et financé (prise de participation minoritaire et apport de compétences) ( modestement) plusieurs jeunes pousses, une dans l’amélioration de l’habitat – un jeune plein d’idee, d’ambition et de dynamisme – une autre dans un concept innovant – site e-commerce de lingerie fine dreamgirl importé en France – et vente via une plate forme web qui serait à mi chemin entre un espace max, 24H, (donc site privé) et un site completement ouvert avec à cote un blog d influence ( que nous avons deja lancé pour commencer un buzz…) Bien sur …le site est en construction… au sein d’Oxyneo …
Concernant la flexibilité du travail : je suis pour à 300%. Aux bureaux nous sommes plutot dans un esprit Google que dans un esprit de societe traditionnelle. Cependant, qd je discute avec des jeunes qui ont deja eu des experiences, je suis effaré par certaines histoires ! Je m’explique : certaines entreprises, certains patrons abusent de la flexibilité… On le sait tous. Et c’est ce genre de comportement qu il faut bannir. Je pense qu il y a un juste milieu entre besoin de l’entreprise pour qu elle garde son dynamisme economique, et le coté social, où il faut valoriser au mieux l’individu et ses competences. C’est relativement simple à faire dans des petites structures, puisque c’est au cas pas cas… Mon avis : si le salarié se sent bien dans son job, dans sa mission, s ‘il adhére completement au projet d’entreprise parce qu il est un acteur réel de ce projet… il se donnera à fond pour l’entreprise.
PS : bravo pour ton article ! Et ce visiteur… !:))
On peut déconner pour attirer du monde et discuter sérieusement quand-même
J’aimerai bien qu’on discute flexibilité parce que je ne sais pas ce que ça veut dire.
En plus, je pense qu’aujourd’hui, les entreprises n’ont pas intérêt à jouer là-dessus : le problème des années à venir n’est pas de savoir comment expliquer aux gens qu’ils feraient mieux d’aller voir ailleurs. Pour moi, l’enjeu est d’avoir des jeunes qui acceptent de travailler en CDI plutôt qu’en CDD.
De plus en plus de jeunes arrivent en entreprise avec à l’idée que le patron ne pense qu’à une chose, c’est les virer. Du coup, autant en faire le minimum. On badge, on fait ses heures et ensuite, qu’il y ait un problème ou pas, on rentre chez soi voir sa copine et jouer à la game boy. C’est un peu caricatural mais à peine ! Le plaisir de travailler, de faire des choses ensemble, de voir que la boite et les projets avances ? Rien.
Au dela de l’entreprenariat (ou je rejoins Loic Lemeur sur beaucoup de points), je pense qu’il y a un vrai problème entre les française et l’entreprise. Je travaille à mon niveau pour leur réconciliation mais il faudra beaucoup ds petits Miguel et de côté boulevard
Sur l’aspect « banques qui n’osent pas prendre de risques » :
- d’une part, notre nouveau président a, mardi 12 juin, réunit les présidents et DG des différents établissements financiers et le communiqué officiel a fait ressortir trois points à mettre en oeuvre pour l’automne dont « faciliter le financement des entreprises et notamment des PME », il n’a pas parlé des NTIC spécifiquement. (je n’en fais pas la pub, juste pour dire que NS a également pensé à se préoccuper ouvertement de cette « cause » avant le second tour…
- d’autre part, il existe des associations qui peuvent bien mieux aider les créateurs d’entreprises que les banques : elles peuvent apporter des aides financières (sous forme de prêts à intérêts bonifiés ou non) mais aussi apporter de l’aide professionnelle et pratique dans les démarches quelles soient sociales, fiscales… J’en cite une, qui est une association reconnue d’utilité publique et qui fait participer les « déjà » chefs d’entreprises sur le mode du bénévolat pour aider les jeunes entrepreneurs plein d’idées :
http://www.reseau-entreprendre.org/site/fr/s01_home/s01p01_home.php
Ce n’est bien entendu qu’un exemple, et cela prouve effectivement que des réseaux parallèles ont dû se créer pour pallier à l’absence ou l’inefficacité des solutions « étatiques ».
Les entrepreneurs qui veulent rester en France, ou qui sont obligés d’y rester, peuvent donc trouver des solutions palliatives, mais ces associations restent souvent méconnues.
Sur l’aspect « manque d’esprit d’entreprenariat » : ma réflexion est que pour se lancer dans la création d’entreprise il faut se sentir en « sécurité », en stabilité. Le fait que deux entreprises sur trois qui mettent la clef sous la porte dans les deux premières années, n’aide forcément pas à s’investir. Mais là on accusera entre autre les prix à l’importation, la mauvaise gestion (par manque de compétences, un entrepreneur est souvent plus inventeur que comptable…).
Développer les formations dignes de ce nom dans la gestion d’entreprise et favoriser l’entraide entre les entrepreneurs me semble être un début de solution.