L’informatique entre retour sur investissements et innovation
TweetEmailSharebar TweetEmail Dans les années 70, les entreprises ont fait le choix de l’informatisation à tous prix, sans trop regarder les coûts tant du point de vue des investissements que du point de vue des salaires des informaticiens. Au tournant du siècle, la financiarisation de l’économie a eu pour effet de pousser les entreprises à [...]
Dans les années 70, les entreprises ont fait le choix de l’informatisation à tous prix, sans trop regarder les coûts tant du point de vue des investissements que du point de vue des salaires des informaticiens. Au tournant du siècle, la financiarisation de l’économie a eu pour effet de pousser les entreprises à rechercher un retour sur investissement (ROI) pour toutes les dépenses, y compris informatiques.
Cela a été salutaire car le secteur informatique dans son ensemble (fournisseurs de matériels, de logiciels, SSII, employés) avait pris l’habitude de fixer ses propres règles sans rapport avec le reste des secteurs des entreprises. Dans certains cas, il me semble cependant que cette logique mène aujourd’hui les entreprises à une impasse.
Dans le secteurs des télécommunications par exemple, les technologies apparues il y a quelques années déjà permettent du fusionner la voix et les données sur un même réseau (ToIP/VoIP). C’est à peu près ce que vous faites quand vous appelez au travers d’une neuf/live/free-box : vous appelez sur le même câble qui vous sert à visualiser des pages internet.
Lorsque les entreprises réfléchissent au passage en ToIP/VoIP, elles calculent d’une part ce que va leur coûter l’installation : changement des équipements télécom, achat des postes téléphoniques, mise à jour de tout le réseau de données (afin de supporter la voix)… D’autre part, elles calculent ce que ça leur apporte à court terme : économies en terme de câblage, lignes télécom et maintenance. Souvent, elle en déduisent que le changement de système n’est pas rentable. Elles ont raison. De nombreuses entreprises en restent donc à leurs bon vieux systèmes. Elles ont tort.
Pourquoi ? Parce qu’elles oublient de considérer ce que ces nouvelles technologies vont leur apporter. Citons quelques fonctionnalités :
- le numéro de téléphone suit automatiquement l’utilisateur où qu’il se trouve au sein de l’entreprise, partout dans le monde (pratique quand on voit que la plupart des collaborateurs déménagent tous les 18 mois)
- la messagerie peut se coupler au téléphone (le message devient un MP3 envoyé par mail au destinataire qui peut le consulter, l’archiver, etc…)
- l’annuaire de messagerie et l’annuaire téléphonique peuvent fusionner (on peut ainsi rechercher une personne et l’appeler d’un simple clic sur son PC)
- conférences téléphoniques audio ou vidéos (dans certains cas) permettent également de développer le travail collaboratif
Toutes ces fonctionnalités avancées sont en général oubliées par les entreprises qui veulent mener ce type de projets. Les informaticiens s’accrochent à l’idée de démontrer un ROI introuvable et les décideurs comprennent mal à quoi tout cela peut bien servir. Cela a pour concéquent de freiner les projets et, lorsqu’ils se font, de n’apporter que peu de choses à l’utilisateur et à l’entreprise.
L’informatique doit devenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un outils au service d’une stratégie. Si les entreprises doivent grossir, devenir plus flexibles, internationales, pourquoi en rester aux vieux carquants ? Comment faire du neuf avec du vieux ? Une révolution culturelle est à opérer : il nous faut passer de la recherche du ROI des années 2000 à la culture de l’innovation performante et responsable.




