Le vote « catholique » au 1er tour
Horza postait ce matin un commentaire au sujet du "vote catholique". Ca m’a permis de regarder comment mes frères dans la foi avaient voté. Plutôt que de parler de "vote catholique", sans doute devrait-on parler de vote "catholique".
Le journal La Croix vient justement de sortir un article autour de cette question. J’en reprend ici des extraits.
37 % des catholiques interrogés auraient voté pour N. Sarkozy (45% chez les catholiques réguliers et 44% chez les catholiques occasionnels).
N. Sarkozy avait affirmé à la télévision que les deux personnages qui l’inspirent le plus étaient le général de Gaulle et Jean-Paul II. Ce dernier, parce qu’il avait eu « le courage de dire aux jeunes Français et aux jeunes du monde : “N’ayez pas peur” ». Dans une interview à La Croix il déclarait également voir dans le catholicisme « l’un des fondements de l’identité française ».
Jérôme Fourquet, directeur d’étude de l’IFOP estime que "Des messages limpides ont été lancés en direction des électeurs marqués par les valeurs chrétiennes, comme la famille, et jugés plutôt traditionnels."
Pendant ce temps, "la surprise vient de François Bayrou, qui a rallié les suffrages de 20 % des catholiques pratiquants réguliers « On aurait pu s’attendre à un meilleur résultat, compte tenu des origines démocrates-chrétiennes de l’UDF et du discours social de son président »"
les catholiques engagés dans l’Église se retrouvent mal dans l’univers de la gauche. C’est sans doute lié à leur rapport aux valeurs, à leur attachement à la famille. » Les électeurs catholiques n’ont pas suivi François Bayrou dans sa volonté de détacher le centre de la droite. Ségolène Royal, quant à elle, n’a guère fait progresser son parti au sein de l’électorat catholique"
Alors quoi, pendant que Sarkozy était ministre de l’intérieur, l’Eglise de France n’a cessé de condamner la politique d’immigration du ministre. Elle a contribué a éteindre les flammes allumées par le pompier pyromane dans les banlieues, s’est prononcé contre le communautarisme, l’a repris au sujet de l’eugénisme estimant que "l’homme est libre" et que son discours était contradictoire avec la foi catholique etc… La campagne avance, Sarkozy cite Jean-Paul II, le pape du NON à la modernisation de l’Eglise et qui porte ainsi une partie de la responsabilité de la marginalisation des catholiques dans le société française. Bayrou parle de laïcité et Royal de mariage homosexuel. Du coup, les électeurs catholiques votent Sarkozy.
Je suis triste car je ne vois pas comment on peut prôner la haine sociale, encourager la haine raciale, être pour l’eugénisme et être chrétien. J’irai même plus loin : je pense que Sarkozy n’aurait pas été le dernier à demander la cruxifiction du Christ ! Décidément, il faut que je relise les Evangiles parce que là, j’ai sans doute pas tout compris.
PS – 2 heures plus tard : En relisant cet article, je me sens vraiment désolé pour les lecteurs chrétiens de ce blog qui auraient voté Sarkozy et qui pourraient se sentir blessés. Je pense ne pas avoir de haine, juste de la colère. Ca me rend malheureux mais je ne retire rien à ce que j’ai dit. Pour moi, croire en Jésus Christ, c’est pas la loi du plus fort, c’est celle de l’Amour.
PS 2.0: allé, je ré-écoute un coup Gloria (sic) Il WILL SURVICE comme disait le Chirst





Ca atteint franchement des sommets de l’intolérance des 2 côtés, une surenchère au n’importe quoi.>
J’ose te cité <
Sortie de l’isoloir en orange au premier tour, ce genre de phrase est sensé me faire culpabilisé si je décidais de voter Sarko ?
Surtout le tout sauf Sarko NON, et avec un soupçon de verset biblique, soyons fous !
bonne continuation à toi.
Il n’appartient effectivement à personne de dire qui est chrétien et qui ne l’est pas. Simplement, il y a des positions que je ne comprend pas.
C’est peut-être de l’intolérence mais je ne pense pas que Jesus tolérait tout et son contraire – d’où le mot « qui es-tu femme ? » la scène avec les marchands du temple, les mots « je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive », « pourquoi m’as-tu abandonné ? »…
Le problème est bien de voir ce qui est important et je suis désolé mais l’Homme n’est pas au coeur de l’action et du programme de Sarkozy. De Bayrou Oui, de Ségolène je pense aussi. De Sarkozy, Non. Pour moi, le vote Sarko est un vote traditionaliste mais pas authentiquement chrétien au sens « de l’ensiegnement de Jesus ». J’instrumentalise pas, je dis mon incompréhension. Désolé
Recherchons dans les 4 évangiles où le Christ dit de renvoyer les étrangers dans leur pays ? Où il dit qu’une personne est mauvaise dés sa naissance ?… Je ne trouve pas. Voilà.
Maintenant, peut-être faut-il que je lise plus les textes sur la tradition de l’Eglise catholique et moins les Evangiles…
Bonjour Miguel,
Je me risque dans les commentaires sur ce sujet, pour lequel je n’ai plus de compétences…
Mais je partage totalement ton avis : il y a un grand écart entre le contenu des évangiles et les textes sur la tradition, voire l’action d’une partie de l’église catholique. C’est bien au nom de cette tradition, et non pas par respect du message évangélique, qu’on a pu justifier un certain nombre de prises de position, qu’on a pu soutenir beaucoup de dictatures, et que dans notre histoire, on a pu allègrement massacrer ceux qui pensaient autrement « Dieu reconnaissant les siens » !
Tiens, ça me donne une idée de débat pour l’après présidentielle : valeurs chrétiennes et politique… ça pourrait être décoiffant !
P.S : il est intéressant de voir, par exemple, de plus en plus de populations africaines ou sud-américaines quitter l’église catholique pour aller vers des églises locales, apparemment plus « dans le siècle »; intéressant, et inquiétant.
Bonjour
Politique et religion, vaste débat pour un fervent laïque comme moi, a qui le « aimez vous les uns les autres » de Ségo à fait un petit choc
« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est a Dieu ». Peut-on mieux définir ce que doit être la relation du politique et du religieux ?
Amitiés
Dino
On peut être chrétien, convaincu qu’il faut s’engager au nom de sa foi et en même temps attaché à la laicité.
Chacun a ses valeurs, son histoire, ce qui le fait vivre au fond de lui. Cela n’empêche pas de se battre pour des causes qui ne sont pas institutionalisées par ce en quoi en croit : on peut être chrétien engagé parce que l’on croit en un Dieu dont on pense qu’il nous appelle à se battre pour plus de justice sans pour autant vouloir que l’Eglise dicte aux politiques ce qu’ils doivent faire.
Je comprend, Dino, ton réflexe : cette citation, en fin de discours est-elle un gage trop important donné à l’Eglise ? Tu comprendras que moi, et je l’espère d’autres chrétiens, elle m’a encouragé. Je pense qu’elle aurait dû le faire avant car les cathos de gauche ont bien besoin d’encouragements en ce moment.
Probablement que si Ségolène a tant de courage, c’est qu’elle a, comme chacun, au fond d’elles, des choses qui la font vivre. Peut-être que la foi, son éducation catholique l’a aidée à avoir envie de se battre pour plus de justice, plus de fraternité. C’est ça s’aimer les uns les autres. C’est aussi ça être de gauche. Pour moi, il n’y a pas contradiction, bien au contraire.
Donc si je comprend ta perplexité et celle de nombreux « laicards » de gauche, je pense qu’il faut éviter la chasse aux sorcières et essayer de comprendre comment chrétiens et non chrétiens, se battre ensemble pour un monde plus juste dans le respect des différence et dans notre attachement commun à la laïcité.
Il n’existe pas de mauvaise raison de s’engager à gauche…même sa foi !
Passée cette boutade provocatrice, en quoi la phrase de Ségolène m’a t’elle génée ?
Je parle de « petit choc », pas de crise rédhibitoire . Cette petite phrase ne fait pas de Ségolène une nouvelle tête de l’hydre cléricale
Disons que ce qui me pose le plus problème, c’est la place accordé à cette phrase : la dernière du discours. Elle ne pouvait pas passer inaperçue, et je dois avouer que compte tenu de mes valeurs et de mon histoire, j’ai été heurté par une phrase qui s’adressait trop directement et trop clairement à certains et pas à d’autres.
Autrement dit, j’ai eu l’impression d’être exclu du propos de Ségolène, ce qui est qd même problématique à un moment ou il faut avant tout rassembler.
Rien de laïcard là dedans, simplement un petit malaise. J’imagine que des socialistes fidèles d’autres religions que le christianisme ont pu avoir la même impression.
Amitiés
Dino