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Marchés publics : tout va bien Bercy beaucoup

Posté par le 14 mar 2007.
inséré dans Travail.


Bercy Après une carrière dans le privé, je travaille depuis 3 ans dans une entreprise publique.

Dans mon travail d’informaticien, je suis appelé à acheter du matériel. Dans le privé, j’avais pour habitude de recevoir des fournisseurs, discuter avec eux des solutions techniques, de demander parfois à les tester et, en âme et conscience de comparer les solutions en pesant les pours et les contres en tenant compte, évidement, du prix et surtout du retour sur investissement.

Dans le public, c’est un peu pareil à un détail près : au moment de choisir, on arrête tout et on fait un cahier des charges. En effet, comme le secteur public offre une grande liberté et peu de contrôle à ses « agents ». , afin se prémunir des abus, l’Etat impose de passer par des procédures strictes sensées assurer une libre concurrence. Le cahier des charge ne peut mentionner un nom de marque ou exclure telle ou telle autre. Il doit être descriptif et annoncer les critères de choix. « Soyez sans crainte, citoyens, votre argent sera bien dépensé. On achètera le mieux-disant et souvent le moins cher ».

Petite question : quand vous achetez une machine à laver, quel est votre cahier des charge, quels sont vos critères ? Moi, j’ai tendance à prendre la machine qui n’a pas trop de fonctionnalités (ça tombe moins en panne), dans une chaîne dont je pense qu’elle a un bon SAV et en général, je choisis une marque réputée et dont mon entourage ou mon expérience me laisse à penser qu’elle est fiable (critères subjectifs). Et bien si j’achetais une machine avec les procédures des marchés publics,  j’aurai de bonnes chances pour qu’un revendeur roumain me vende une machine inconnue qui, lorsqu’elle tomberait en panne demanderait 1 mois d’attente pour être dépannée.

Pour se prémunir de ces problèmes, les « agents » sont amenés à « bétonner les dossiers ». A faire en sorte que, si ça ne marche pas, le fournisseur en ait de sa poche. C’est ainsi que dans mon entreprise, un tas de choses ne marchent pas et que tout le monde passe son temps, au lieu de faire un travail technique, à faire un travail administratif. Le problème, c’est que au bout d’un moment, quand on ne fait plus de technique, on est dépassé (surtout en informatique). Comment fait-on alors pour établir des cahiers des charges ?

Mais soyez sans crainte, citoyens, quand ça ne marche pas, on achète autre chose, puis autres chose, etc… C’est sans fin et ça fait marcher l’économie ! Evidement, là, je ne suis par sûr qu’au total l’argent public soit bien dépensé…




 

8 Commentaires pour “Marchés publics : tout va bien Bercy beaucoup”

  1. Cortex

    Quelques remarques complémentaires:
    1) Sur les délais : très souvent longs, longs, longs;
    2) Sur la liberté du choix de ce qui est commandé: cette liberté n’appartient pas à la personne qui fait la demande et qui sait ce dont elle a besoin, mais à l’intermédiaire habilité, qui bricole son offre à son propre avantage, en de hors de toute concurrence.
    3) Les procédures ne constituent nullement une garantie de payer moins cher. Très souvent, l’établissement public est prisonnier d’un marché public global, remporté par un fournisseur, à un instant T. Le fournisseur a ensuite la faculté de facturer à sa guise les services qu’il livre. Exemple : le marché public des transports, ou celui des photocopies à l’université : pas du tout économe des deniers publics!

  2. Oui vous oubliez de dire qu’il faut remercier certains hommes politiques qui ont inventé le délit de favoritisme et qui sont à l’origine (indirecte) de ces codes des marchés publics modifiés chaque année…
    A quand la possibilité pour les acheteurs publics de fréquenter les sites de vente aux enchères ?

  3. Cher Fansolo,
    Certes vous trollez mais votre post est excellent !
    En fait ce que veut fansolo, c’est que tout le monde aille sur le post http://lapagedefansolo.blogspirit.com/archive/2007/03/14/exclusif-le-plus-grand-site-de-vente-aux-enchères-change-de.html
    Lamentable et génial !
    A lire ABOSULMENT !!!

  4. MaîtreGidy

    Disons que cette méthode à un mérite : obliger à poser sur le papier un cahier des charges digne de ce nom.
    Je travaille aujourd’hui pour une société qui choisit bien évidemment les meilleurs partenaires sur des critères beaucoup plus libres (hum hum…) et je me heurte, au quotidien, à des « changements de plans » concécutifs à des absences de cahier des charges…
    Bref… Attention petit padawan, le privé à ces travers également ! ;o|

  5. fo0

    Petite question.
    Que penses-tu du « Libre » (LL), et de l’Opensource dans le Secteur Public ?
    Le secteur Public est plutôt à la traîne en matière d’intégration de solution Libre, on voit bien quelques efforts mais cela reste trés anecdotiques.
    En tant qu’informaticien (SysAdmin ?)comment vois-tu les choses ? L’avenir ? (pitié pas vista !!) .

  6. fo0,
    L’Opensource, bonne idée pour le secteur public, mais faudrait que les utilisateurs soient bien formés avant (voir le secteur scolaire).
    le système éducatif français n’est pas simple à faire fonctionner : les instits d’un coté, la mairie de l’autre, les enfants au milieu : quand il y a un problème, qui fait quoi ?

  7. fo0

    Les utilisateurs (finaux) utilisent ce qu’ils ont à disposition sans vraiment chercher plus loin, l’Opensource ne sais jamais servis de cette faiblesse contraitrement à Microsoft (*et moi).
    De plus, sujet récurent dans à l’Education National, le budget.
    Combien à coûter le parc info du collége St-Exupery (SJBraye)?
    Combien aurait-il coûter sans les licences Microsoft ? (sans parler de la config des machines adapté à faire tourner l’Os)
    Bref des questions sommes toutes trés simples mais que personne ne se pose .. encore.
    *et moi: Ma fille utilise Gnu/linux sans aucun soucis (elle à 12 ans) et sans faire de prosél. à déjà un bagage info. plus important que ses ami(e)s.N’étant pas un intégriste du libre, elle a evidement un XP à dispo.(plus pour longtemps :-) )

  8. Ouh, qu’est-ce que je pense des logiciels libres et particulièrement dans les services publics ? Pas facile dans un commentaire ! Sans aller trop loin :
    - De nos jours, les postes de travail sont de plus en plus banalisés : Word, excel, windows, internet explorer. Le reste des applications sont déployées sur des serveurs. Oui, on peut les remplacer par Linux, Staroffice, firefox. Oui, c’est débile de donner de l’argent à Mickey.
    - les systèmes linux sont la suite logique des systèmes Unix. En entreprise, Unix est souvent géré par les hommes qui gèrent les gros systèmes. Il ne me semble donc pas compliqué de leur faire installer des serveurs Linux. Les clients sont historiquement installé par des administrateurs PC/Windows. Ceux-ci ont bâtti toute leur culture sur le combat contre les mainframe. Cela explique à mon avis le fait que linux ait du mal à s’implanter à grande échelle en entreprise privée comme publique. Les hommes windows freinent des 4 fers.
    - Les logiciels libres seraient source d’économies (d’où ta question par rapport au secteur publique). Le problème, c’est qu’un système, de temps en temps, ça plante. Dans ces cas-là, les services informatiques se couvrent en prenant des supports professionnels (contre lesquels par exemples ils pourront opportunément se retourner en cas de problème). Le marché des supports professionnels pour LL sont bien moins développés que les supports windows, donc les services informatique hésitent à y passer. De plus, dans ce cas, on n’est plus dans le gratuit !
    Bref, je pense que quelquesoit l’entreprise, il y a de fortes rétissences. Je crois qu’il existe des directives pour que le secteur public favorise les LL, ça n’empêche pas les nombreux freins.
    Pour ma part, alors que j’ai été dans les pionniers de la micro, je suis actuellement peu séduit par les logiciels libres, probablement par méconnaissance. Le marché n’est peut-être pas arrivé à maturité. Ou peut-être suis-je déjà vieux. Il appartient à la nouvelle génération d’y croire suffisament et d’en développer l’usage pour l’imposer aux toujours « vieux » décideurs.
    En fait, si les LL se développent à l’avenir, ce sera sans doute en contre-culture, comme la micro l’a fait. Et dans ce développement, comme pour la micro, le secteur public sera sans doute en retard…

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